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Concurrence déloyale : actes, preuve, préjudice et recours

Contentieux commercial12 min de lecture

Fondement de l'article 1240 du Code civil, confusion, dénigrement, désorganisation et parasitisme, preuve du préjudice depuis l'arrêt du 9 avril 2025, article 145 du Code de procédure civile, prescription quinquennale, juridiction compétente et référé.

Lenny AmbigaipalanLenny AmbigaipalanAvocat associé
Concurrence déloyale : actes, preuve, préjudice et recours

Un concurrent recrute plusieurs salariés en quelques semaines, reprend une présentation commerciale très proche de la vôtre, contacte vos clients à partir d'informations internes ou diffuse des messages mettant en cause la qualité de vos produits. Ces situations peuvent relever de la concurrence déloyale, mais le simple fait de perdre des clients ou de subir une concurrence agressive ne suffit pas.

La difficulté consiste à identifier ce qui est réellement fautif, à conserver les preuves avant qu'elles ne disparaissent et à démontrer un préjudice en lien avec les agissements reprochés. C'est souvent sur ces trois points — qualification, preuve et chiffrage — que le dossier se joue.

Sur quel fondement repose l'action en concurrence déloyale ?

Il n'existe pas, dans le Code de commerce, un texte général définissant toutes les formes de concurrence déloyale. L'action est principalement construite par la jurisprudence sur le fondement de l'article 1240 du Code civil, selon lequel celui qui cause un dommage par sa faute doit le réparer. L'article 1241 rappelle par ailleurs que la responsabilité peut aussi résulter d'une négligence ou d'une imprudence.

Une faute, un préjudice et un lien de causalité

Trois éléments doivent être distingués : le comportement fautif, le dommage invoqué et le lien entre les deux. La démonstration d'un procédé déloyal ne dispense donc pas automatiquement de justifier la nature et, lorsqu'il s'agit d'un préjudice économique, l'étendue du dommage demandé.

Si l'un de ces éléments de fond n'est pas établi, la demande indemnitaire est en principe rejetée comme mal fondée. Il ne faut pas confondre cette situation avec une irrecevabilité procédurale, qui peut résulter d'une autre difficulté : défaut d'intérêt à agir, prescription, demande nouvelle en appel dans certains cas ou saisine d'une juridiction incompétente.

L'intention de nuire n'est pas une condition générale

Il n'est pas nécessaire de démontrer que le concurrent a agi avec la volonté de vous nuire. La faute de concurrence déloyale s'apprécie d'abord au regard du caractère objectivement déloyal du comportement. Une manœuvre volontaire peut évidemment renforcer le dossier, mais l'absence d'intention malveillante ne suffit pas, à elle seule, à écarter la responsabilité.

Cette distinction est importante : la concurrence déloyale relève de la responsabilité civile. Elle n'est pas, en elle-même, une infraction pénale, même si certains faits peuvent parallèlement recevoir une autre qualification juridique.

Pourquoi la concurrence n'est-elle pas fautive en elle-même ?

Le point de départ reste la liberté du commerce et de l'industrie. Une entreprise peut proposer des prix plus bas, démarcher les clients d'un concurrent, recruter un salarié qui quitte son employeur ou commercialiser un produit non protégé par un droit de propriété intellectuelle. Le droit de la concurrence déloyale ne protège donc pas une entreprise contre la concurrence elle-même ; il sanctionne les procédés déloyaux utilisés pour la pratiquer.

Il n'existe pas de droit privatif sur la clientèle

Une entreprise ne possède pas juridiquement ses clients. Le fait qu'un client choisisse un autre prestataire n'établit donc aucune faute à lui seul. En revanche, une perte de clientèle peut constituer un préjudice économique réparable lorsqu'elle résulte de manœuvres déloyales, par exemple l'utilisation d'un fichier détourné, un dénigrement ou une confusion entretenue sur l'origine des produits.

Le recrutement d'un salarié concurrent n'est pas automatiquement déloyal

Le seul recrutement d'un ancien salarié d'un concurrent est licite. La situation peut toutefois devenir fautive lorsqu'elle s'accompagne de procédés déloyaux ou provoque une désorganisation caractérisée : départs concertés organisés par le concurrent, captation d'informations confidentielles, détournement de fichiers ou recrutement destiné à obtenir immédiatement un avantage auquel l'entreprise n'aurait pas normalement accès.

La question n'est donc pas seulement de compter le nombre de départs. Il faut reconstituer la chronologie, les échanges antérieurs aux démissions, les fonctions des salariés concernés, les données auxquelles ils avaient accès et les conséquences concrètes sur l'organisation de l'entreprise.

Quels actes peuvent constituer une concurrence déloyale ?

Il n'existe pas de liste légale fermée. En pratique, les litiges se concentrent principalement autour de la confusion, du dénigrement, de la désorganisation et du parasitisme. Ces qualifications peuvent parfois se cumuler, sous réserve de ne pas indemniser deux fois le même préjudice.

Comportement

Exemple

Point à prouver

Confusion ou imitation

Reprise d'une présentation, d'un nom commercial, d'un nom de domaine ou de signes distinctifs

Un risque de confusion apprécié globalement du point de vue de la clientèle

Dénigrement

Messages ou publications jetant le discrédit sur un produit, un service ou une entreprise identifiable

La diffusion à des tiers d'une information dépréciative, sous réserve notamment des exigences liées à la liberté d'expression

Désorganisation

Débauchage accompagné de manœuvres, détournement de fichiers, captation d'informations ou perturbation organisée d'un réseau

Des procédés déloyaux et leurs effets concrets sur l'entreprise

Parasitisme

Reprise d'un univers, d'investissements, d'un savoir-faire ou d'une valeur économique développée par un autre opérateur

Une valeur économique individualisée et une volonté de se placer dans le sillage d'autrui pour en tirer indûment profit

La confusion : l'imitation ne suffit pas toujours

Copier ou s'inspirer d'un élément non protégé n'est pas automatiquement fautif. En matière de concurrence déloyale, la question centrale est de savoir si l'ensemble des ressemblances est susceptible de créer un risque de confusion dans l'esprit de la clientèle sur l'origine des produits, services ou entreprises.

Cette appréciation est globale. Le juge ne doit pas nécessairement examiner chaque ressemblance isolément : il tient compte de l'impression d'ensemble, de la notoriété des éléments repris, de leur caractère distinctif ou banal, de l'ancienneté de leur usage et du contexte de commercialisation.

Le dénigrement : une information exacte peut malgré tout poser difficulté

Le dénigrement consiste à diffuser à des tiers une information de nature à jeter le discrédit sur les produits ou les services d'un autre opérateur. Il peut être retenu même en l'absence de concurrence directe entre l'auteur des propos et l'entreprise visée.

L'exactitude de l'information ne met pas automatiquement son auteur à l'abri. La Cour de cassation admet toutefois une protection lorsque les propos se rapportent à un sujet d'intérêt général, reposent sur une base factuelle suffisante et sont exprimés avec une certaine mesure. Il faut donc éviter la formule trop simple selon laquelle toute information négative, même exacte, serait nécessairement fautive.

La désorganisation : le trouble doit être objectivé

Une entreprise qui invoque une désorganisation doit aller au-delà d'une impression générale. Il faut rechercher des éléments vérifiables : départ simultané de salariés occupant des fonctions clés, accès inhabituel à des fichiers, transfert immédiat de comptes clients, interruption d'un service, perte documentée de commandes ou désorganisation d'un réseau commercial.

À l'inverse, le seul fait que plusieurs salariés rejoignent un concurrent ou que certains clients les suivent ne permet pas automatiquement de conclure à une faute.

Le parasitisme : identifier précisément la valeur captée

Le parasitisme économique est fondé sur l'article 1240 du Code civil et peut être caractérisé même sans concurrence directe. Il consiste, pour un opérateur, à se placer dans le sillage d'un autre afin de tirer indûment profit de ses efforts, de son savoir-faire, de sa notoriété ou de ses investissements.

Le demandeur doit cependant identifier la valeur économique individualisée dont il revendique la captation. Affirmer qu'un concurrent a « copié le concept » ou « profité du travail réalisé » reste insuffisant si les investissements, le savoir-faire, la campagne, le produit ou l'univers prétendument capté ne sont pas précisément décrits et documentés.

Le préjudice de concurrence déloyale est-il présumé ?

La réponse doit désormais être formulée avec précision. Pendant longtemps, la jurisprudence a retenu qu'un acte de concurrence déloyale faisait nécessairement naître un préjudice, fût-il seulement moral. Cette solution n'a pas disparu, mais l'arrêt de la chambre commerciale du 9 avril 2025 en a clarifié la portée pour certaines pratiques.

Ce que décide la Cour de cassation le 9 avril 2025

Dans l'affaire relative au service UberPop, la Cour de cassation a jugé que, lorsque l'auteur d'une pratique consistant à parasiter les efforts et investissements d'un concurrent ou à s'affranchir d'une réglementation démontre que le concurrent n'a subi ni perte, ni gain manqué, ni perte de chance d'éviter une perte ou de réaliser un gain, il n'est tenu de réparer qu'un préjudice moral, lequel est irréfragablement présumé.

Il ne faut donc pas transformer cet arrêt en règle générale selon laquelle tout préjudice économique de concurrence déloyale devrait désormais être prouvé sans aucune présomption. La décision vise précisément certaines pratiques dont les effets économiques sont difficiles à mesurer et permet au défendeur de renverser la présomption économique en établissant l'absence de dommage financier.

Le préjudice moral reste distinct du préjudice économique

Le préjudice moral peut couvrir le trouble commercial ou l'atteinte portée à la situation de l'entreprise. Le préjudice économique, lui, peut correspondre à une perte de marge, une baisse de chiffre d'affaires imputable aux faits, un gain manqué ou une perte de chance.

En pratique, il est préférable de chiffrer séparément les différents postes de préjudice et d'expliquer, pour chacun, les pièces sur lesquelles le calcul repose. Une demande globale, calculée uniquement à partir de la gravité supposée de la faute, est plus fragile qu'une demande reliée à des données commerciales vérifiables.

Comment le juge évalue-t-il l'indemnisation ?

Le principe reste celui d'une réparation compensatoire : les dommages et intérêts ont pour fonction de réparer le préjudice, non de punir le concurrent.

La prise en compte de l'avantage concurrentiel indu

Dans son arrêt du 12 février 2020, la Cour de cassation a admis une méthode particulière lorsque les effets économiques d'actes de concurrence déloyale sont particulièrement difficiles à quantifier, notamment en matière de parasitisme ou de contournement d'une réglementation ayant nécessairement un coût.

Dans cette situation, le juge peut prendre en considération l'avantage indu obtenu par l'auteur, par exemple une dépense qu'il a évitée, puis moduler cette donnée au regard des volumes d'affaires respectifs des parties affectés par les agissements. Cette méthode ne transforme pas pour autant le droit français en système de dommages et intérêts punitifs.

L'arrêt de 2025 empêche d'indemniser un préjudice économique inexistant

L'arrêt du 9 avril 2025 fixe une limite importante : l'avantage indu ne peut pas servir à créer artificiellement un préjudice économique lorsque les constatations du dossier établissent que la victime n'a subi aucune perte, aucun gain manqué et aucune perte de chance économique. La méthode d'évaluation de 2020 reste donc un outil de chiffrage d'un dommage ; elle ne dispense pas de vérifier que ce dommage existe.

Comment distinguer la concurrence déloyale des régimes voisins ?

Concurrence déloyale et contrefaçon

La contrefaçon protège un droit de propriété intellectuelle : marque, brevet, dessin ou modèle, droit d'auteur selon les conditions propres à chaque régime. La concurrence déloyale, elle, sanctionne un comportement fautif sur le fondement de la responsabilité civile.

Les deux actions peuvent être exercées simultanément à titre principal lorsque la demande en concurrence déloyale repose sur une faute relevant de faits distincts de ceux retenus au titre de la contrefaçon. Un même acte matériel peut néanmoins porter atteinte à des droits de nature différente. En tout état de cause, un même préjudice ne peut pas être indemnisé deux fois.

À l'inverse, lorsque l'action en contrefaçon échoue faute de droit privatif opposable, des faits matériellement identiques peuvent, selon les circonstances, encore être examinés sur le terrain de la concurrence déloyale. Le choix des fondements doit donc être construit à partir des droits réellement détenus et des faits précisément reprochés.

Concurrence déloyale et pratiques restrictives

La rupture brutale d'une relation commerciale établie, le déséquilibre significatif ou certaines pratiques commerciales prohibées relèvent de dispositions particulières du Code de commerce. Ces régimes ont leurs propres conditions, délais, règles de compétence et méthodes de réparation. Ils ne doivent pas être utilisés comme de simples synonymes de la concurrence déloyale.

Concurrence déloyale et clause de non-concurrence

Lorsque la personne qui a signé une clause de non-concurrence la viole, sa responsabilité est d'abord recherchée sur le terrain contractuel, sous réserve de la validité et de l'opposabilité de la clause. Le tiers qui participe en connaissance de cause à la violation d'une clause valable peut, pour sa part, engager sa responsabilité délictuelle.

Avant d'invoquer une concurrence déloyale contre un nouvel employeur, il faut donc vérifier le contenu exact de la clause, son champ territorial et matériel, sa durée, sa validité et la connaissance qu'en avait le tiers.

Comment prouver des actes de concurrence déloyale ?

En application de l'article 9 du Code de procédure civile, chaque partie doit prouver les faits nécessaires au succès de ses prétentions. Dans ce type de contentieux, la difficulté vient souvent du fait que les preuves utiles se trouvent chez l'adversaire : messageries, fichiers clients, historiques de connexion, documents commerciaux ou échanges préparatoires.

L'article 145 du Code de procédure civile

L'article 145 du Code de procédure civile permet de demander, avant tout procès, une mesure d'instruction lorsqu'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige.

Depuis le 1er septembre 2025, le texte précise également la compétence territoriale : la demande peut être portée, au choix du demandeur, devant la juridiction susceptible de connaître de l'affaire au fond ou, lorsqu'il y a lieu, devant celle dans le ressort de laquelle la mesure doit être exécutée.

La mesure peut être sollicitée en référé, donc contradictoirement, ou sur requête lorsque le demandeur est fondé à ne pas appeler la partie adverse. Dans ce dernier cas, le caractère non contradictoire doit être justifié par les circonstances. Une mesure trop générale, insuffisamment justifiée ou disproportionnée peut être contestée et faire l'objet d'une demande de rétractation.

Le constat de commissaire de justice

Un constat peut figer un état de fait : contenu d'un site internet, publicité, présentation d'un produit, affichage de prix, publications sur un réseau social ou conditions de commercialisation. Pour les contenus numériques, il est prudent de documenter précisément les conditions techniques du constat afin de réduire les contestations sur l'authenticité, la date ou le contexte des éléments relevés.

Les pièces économiques

La preuve de la faute ne doit pas faire oublier celle du dommage. Selon le dossier, les pièces utiles peuvent comprendre :

  • les comptes de résultat et tableaux de marge sur plusieurs exercices ;

  • la liste des clients perdus ou des commandes annulées ;

  • les devis acceptés puis abandonnés ;

  • les historiques de chiffre d'affaires par client ou secteur ;

  • les coûts d'investissement ou de développement invoqués en cas de parasitisme ;

  • les éléments permettant d'écarter une autre explication à la baisse d'activité, comme la saisonnalité ou la perte indépendante d'un marché important.

Quel est le délai pour agir en concurrence déloyale ?

L'action relève en principe du délai de prescription de droit commun de l'article 2224 du Code civil : cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir.

Le point de départ doit toutefois être analysé concrètement, notamment lorsque les agissements sont répétés, progressifs ou découverts tardivement. Il ne faut donc pas calculer mécaniquement cinq ans à partir du premier fait identifié sans vérifier à quelle date les éléments nécessaires à l'action étaient réellement connus ou auraient dû l'être.

Quel tribunal saisir en cas de concurrence déloyale ?

La compétence dépend de la qualité des parties et des fondements invoqués. Lorsqu'un litige oppose notamment des commerçants, des artisans ou des sociétés commerciales dans le cadre de leur activité, le tribunal de commerce est souvent compétent. Devant cette juridiction, la constitution d'avocat est en principe obligatoire, avec notamment une dispense lorsque la demande porte sur un montant inférieur ou égal à 10 000 euros.

Lorsque le dossier comporte également une action relevant d'un droit de propriété intellectuelle pour lequel des tribunaux judiciaires spécialement désignés disposent d'une compétence exclusive, la stratégie de saisine doit être vérifiée avant l'assignation. Une mauvaise articulation entre contrefaçon et concurrence déloyale peut créer une difficulté de compétence ou de procédure.

Peut-on agir en urgence ?

Oui, selon les circonstances. Devant le président du tribunal de commerce, le référé peut notamment permettre d'ordonner des mesures conservatoires ou de remise en état destinées à prévenir un dommage imminent ou à faire cesser un trouble manifestement illicite.

Le référé n'a toutefois pas vocation à trancher définitivement un dossier complexe de responsabilité lorsque les faits ou le droit restent sérieusement discutés. Il peut être pertinent pour interrompre rapidement certains agissements, conserver une situation ou obtenir une mesure provisoire, tandis que l'indemnisation complète relève généralement d'un examen au fond.

Quels éléments réunir avant d'engager une action ?

Sur la faute

  • les publications, courriels, messages, visuels, catalogues et documents commerciaux litigieux ;

  • une chronologie précise des faits ;

  • les éléments permettant d'identifier l'auteur des actes ;

  • les preuves d'accès ou de détournement d'informations internes ;

  • les éléments relatifs aux salariés recrutés, à leurs fonctions et aux circonstances de leur départ ;

  • en cas de parasitisme, les pièces identifiant les investissements ou la valeur économique prétendument captée.

Sur le préjudice

  • les bilans et comptes de résultat ;

  • les tableaux de marge ;

  • les commandes perdues ou annulées ;

  • les éléments de suivi de clientèle ;

  • les dépenses supplémentaires provoquées par les faits ;

  • les éléments permettant de distinguer préjudice économique et préjudice moral.

Sur le lien de causalité

Une baisse de chiffre d'affaires n'est utile que si elle peut être reliée aux actes reprochés. Il faut donc comparer les périodes, les clients, les produits et les zones concernées, puis vérifier si d'autres événements peuvent expliquer tout ou partie du recul. Le lien de causalité doit être démontré pour le préjudice réellement réclamé.

Que vérifier avant d'agir ?

Une action en concurrence déloyale ne se résume pas à démontrer qu'un concurrent a adopté un comportement discutable. Il faut qualifier précisément les faits, distinguer ce qui relève de la concurrence normale de ce qui constitue une faute, préserver les preuves, vérifier la prescription, choisir la juridiction compétente et construire un chiffrage cohérent du préjudice.

En pratique, l'ordre des opérations compte. Une mise en demeure trop précoce peut alerter l'adversaire avant la conservation des preuves ; à l'inverse, une mesure probatoire trop large peut être contestée. Le dossier doit donc être construit à partir des pièces disponibles, des éléments encore accessibles et de l'objectif recherché : cessation des agissements, conservation de la preuve, indemnisation ou négociation.

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