Avocat en surendettement à Paris : dossier Banque de France, saisies et recours
Recevabilité, suspension des saisies, plan ou effacement des dettes : un avocat en surendettement à Paris analyse votre dossier et vos recours.
Lenny AmbigaipalanAvocat associé
Vous ne parvenez plus à régler les échéances de vos crédits, votre compte bancaire reste durablement débiteur ou un créancier vient de vous faire délivrer un commandement de payer, une saisie-attribution ou une assignation. Dans cette situation, la difficulté n'est pas seulement de constater que votre endettement est devenu excessif : il faut déterminer si vous relevez juridiquement de la procédure de surendettement, quelles poursuites peuvent encore être suspendues et quelles dettes pourront effectivement être rééchelonnées, réduites ou effacées.
En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés auprès des commissions départementales en France hexagonale. Ces dossiers recouvrent toutefois des situations très différentes : accumulation de crédits à la consommation, baisse durable de revenus, séparation, dette immobilière, découvert bancaire, engagement de caution ou passif comprenant à la fois des dettes personnelles et des dettes liées à une activité professionnelle.
C'est souvent à ce stade que les dossiers se gagnent ou se perdent : non pas sur le seul montant de l'endettement, mais sur la qualification de chaque dette, la cohérence des déclarations patrimoniales, la preuve de la bonne foi et le respect de délais de contestation parfois limités à quinze, vingt ou trente jours.
L'intervention d'un avocat en surendettement permet notamment d'auditer le passif déclaré, de vérifier les contrats et les décomptes produits par les créanciers, de répondre à une contestation de recevabilité et d'articuler la procédure devant la Banque de France avec un contentieux bancaire ou une mesure d'exécution déjà engagée.
Avocat en surendettement à Paris : à quel moment intervenir ?
La représentation par avocat n'est pas obligatoire pour déposer un dossier auprès de la Banque de France ni, en principe, pour comparaître dans le cadre du contentieux du surendettement devant le juge des contentieux de la protection. Cette absence d'obligation ne signifie toutefois pas que toutes les situations puissent être traitées comme une simple formalité administrative.
Une analyse juridique devient particulièrement utile lorsque :
un créancier conteste la recevabilité du dossier ou invoque votre mauvaise foi ;
le montant, l'existence, la prescription ou l'exigibilité d'une créance bancaire sont discutés ;
une saisie-attribution, une saisie des rémunérations ou une saisie immobilière est déjà engagée ;
le passif comprend un cautionnement personnel, des dettes professionnelles ou des dettes communes à d'anciens époux ou partenaires ;
la commission retient une capacité de remboursement qui ne correspond pas aux charges nécessaires du foyer ;
vous souhaitez demander la vérification de l'état détaillé des dettes ou contester les mesures imposées ;
une procédure distincte est déjà pendante devant le juge de l'exécution ou une autre juridiction.
L'objectif n'est pas d'engager systématiquement un recours, mais de vérifier en amont le fondement précis de chaque contestation, le délai encore ouvert, les pièces disponibles et les conséquences qu'une démarche pourrait produire sur l'ensemble de la procédure.
Une contestation mal ciblée peut retarder le traitement du dossier sans améliorer la situation du débiteur. À l'inverse, l'absence de réaction dans le délai applicable peut conduire à maintenir dans le passif une créance mal calculée ou à rendre définitive une mesure de remboursement inadaptée.
Surendettement : conditions, dépôt et recevabilité du dossier
La procédure est organisée par le livre VII du Code de la consommation. Elle suppose de démontrer une impossibilité manifeste de faire face au passif, tout en présentant à la commission une situation complète, sincère et cohérente.
Qui peut déposer un dossier de surendettement ?
La procédure est ouverte aux personnes physiques de bonne foi se trouvant dans l'impossibilité manifeste de faire face à l'ensemble de leurs dettes professionnelles et non professionnelles, exigibles ou à échoir. Sous certaines conditions, elle est également accessible aux Français domiciliés hors de France qui ont contracté leurs dettes auprès de créanciers établis en France.
Le seul fait de posséder une résidence principale dont la valeur serait supérieure au montant des dettes ne suffit pas à exclure la situation de surendettement. La commission doit apprécier concrètement la situation patrimoniale, les ressources disponibles et la possibilité réelle de régler le passif.
Le passif déclaré peut notamment comprendre :
des crédits à la consommation ou des prêts personnels ;
un prêt immobilier et ses échéances impayées ;
un découvert ou un solde débiteur de compte bancaire ;
des loyers, factures d'énergie, charges de copropriété ou dettes fiscales ;
des sommes dues au titre d'un engagement de caution ;
certaines dettes nées à l'occasion d'une activité professionnelle.
La présence de dettes professionnelles ne suffit donc plus, à elle seule, à exclure la qualification de surendettement. Cette règle doit néanmoins être distinguée de la procédure applicable à l'entrepreneur individuel en activité.
Quelle procédure pour un entrepreneur individuel ?
Il n'est pas exact d'affirmer qu'un entrepreneur individuel en activité peut toujours déposer directement un dossier auprès de la commission de surendettement. Sa demande doit en principe être portée devant le tribunal compétent en matière de procédures collectives, lequel examine à la fois la situation du patrimoine professionnel et celle du patrimoine personnel.
Selon la séparation effective des patrimoines, l'origine des dettes et le droit de gage des créanciers, le tribunal peut traiter les deux volets dans une même procédure ou, avec l'accord du débiteur et lorsque les conditions légales sont réunies, saisir la commission de surendettement pour le traitement des dettes pesant sur le patrimoine personnel.
Cette articulation doit être examinée avec une attention particulière lorsque :
l'activité professionnelle est toujours exercée ;
des créances sont antérieures à l'entrée en vigueur du nouveau statut de l'entrepreneur individuel ;
une sûreté ou une renonciation à la séparation des patrimoines a été consentie ;
un créancier professionnel exerce également un droit de poursuite sur un bien personnel ;
une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire est déjà ouverte.
La situation d'un dirigeant de société qui s'est personnellement porté caution doit également être distinguée de celle de l'entrepreneur individuel. Un dirigeant de société peut, sous réserve de remplir les conditions du Code de la consommation, déposer un dossier de surendettement en raison notamment de son cautionnement personnel.
Une analyse particulière peut également être nécessaire lorsqu'un crédit à la consommation est impayé, afin de vérifier le décompte du prêteur, les paiements déjà réalisés, la régularité de la déchéance du terme et l'existence éventuelle d'une prescription ou d'une forclusion.
Comment la bonne foi du débiteur est-elle appréciée ?
La bonne foi est présumée. Il appartient donc au créancier qui la conteste de produire des éléments suffisamment précis pour démontrer un comportement incompatible avec le bénéfice de la procédure, par exemple une dissimulation d'actif, une déclaration volontairement mensongère ou une aggravation délibérée de l'endettement.
Un endettement important, une gestion maladroite ou la souscription successive de plusieurs crédits ne suffisent pas nécessairement à établir la mauvaise foi. L'appréciation porte sur le comportement concret du débiteur, les informations dont il disposait et l'intention qui peut être déduite des circonstances.
En revanche, la dissimulation d'un bien, la production de faux justificatifs, l'omission volontaire d'une ressource ou la souscription de nouveaux emprunts dans le but de soustraire des actifs aux créanciers peuvent conduire à l'irrecevabilité du dossier ou à la déchéance du bénéfice de la procédure.
La cohérence documentaire est donc essentielle. Les déclarations adressées à la Banque de France doivent correspondre aux relevés bancaires, aux avis d'imposition, aux actes de propriété, aux contrats de prêt et aux informations déjà communiquées dans les procédures judiciaires en cours.
Quelles pièces joindre au dossier Banque de France ?
Le dossier doit permettre à la commission d'identifier précisément les ressources, les charges, le patrimoine et l'ensemble des dettes du foyer. Un dossier incomplet peut retarder l'instruction, donner lieu à une demande de pièces complémentaires ou être clôturé si le débiteur ne répond pas aux sollicitations du secrétariat.
Il convient notamment de réunir :
une pièce d'identité et les documents relatifs à la situation familiale ;
les justificatifs de revenus, prestations sociales et avis d'imposition ;
les relevés de l'ensemble des comptes bancaires et placements ;
les contrats de prêt, tableaux d'amortissement et courriers de déchéance du terme ;
les actes de cautionnement, décisions de justice et actes de commissaire de justice ;
les justificatifs de loyer, charges de copropriété, énergie, assurance et dépenses de santé ;
les documents relatifs aux véhicules, biens immobiliers et autres éléments du patrimoine ;
les courriers de relance, mises en demeure, assignations et actes de saisie déjà reçus.
La commission dispose en principe d'un délai de trois mois à compter du dépôt du dossier pour examiner sa recevabilité, procéder à son instruction et déterminer son orientation. La date figurant sur l'attestation de dépôt doit donc être conservée, de même que l'ensemble des courriers recommandés reçus pendant la procédure.
Quels sont les effets du simple dépôt du dossier ?
Le dépôt entraîne l'inscription du débiteur au Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, le FICP. En revanche, il ne suspend pas automatiquement les procédures d'exécution engagées par les créanciers.
Entre le dépôt et la décision de recevabilité, le débiteur peut demander à la commission de saisir le juge des contentieux de la protection afin d'obtenir la suspension de certaines procédures d'exécution et cessions de rémunération portant sur des dettes autres qu'alimentaires. La demande doit identifier précisément les poursuites concernées et démontrer l'utilité de la suspension.
Le débiteur ne doit donc pas se contenter d'informer le commissaire de justice qu'un dossier a été déposé. Lorsqu'une saisie, une audience ou une vente forcée est imminente, il faut immédiatement examiner :
la nature exacte de l'acte reçu ;
le délai propre à sa contestation ;
la juridiction compétente ;
la possibilité de demander à la commission une saisine du juge ;
les démarches qui doivent être engagées parallèlement à la procédure de surendettement.
Maître Lenny Ambigaipalan, avocat au Barreau de Paris, intervient dans les dossiers associant surendettement, contentieux bancaire et procédures d'exécution. L'examen des contrats, des décomptes et des actes déjà délivrés permet de déterminer les démarches compatibles avec la procédure engagée devant la Banque de France.
Recevabilité du dossier : suspension des poursuites et obligations
La décision de recevabilité modifie sensiblement la position du débiteur face à ses créanciers. Cette protection est importante, mais elle n'est ni générale ni définitive : son étendue dépend de la nature des dettes et de l'état d'avancement des procédures déjà engagées.
Quelles saisies sont suspendues après la recevabilité ?
La recevabilité entraîne, dans les limites fixées par le Code de la consommation, la suspension et l'interdiction des procédures d'exécution portant sur les biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci. Les créanciers concernés ne peuvent donc plus poursuivre individuellement le recouvrement pendant le traitement du dossier.
Cette suspension demeure temporaire. Elle prend fin lorsque certaines mesures de traitement deviennent applicables, lorsqu'un rétablissement personnel est prononcé ou lorsque la procédure cesse de produire ses effets. Elle ne peut, en principe, excéder deux ans.
Plusieurs limites doivent être distinguées :
les dettes alimentaires ne bénéficient pas de la même suspension ;
une procédure d'expulsion locative n'est pas automatiquement suspendue par la recevabilité ;
lorsqu'une vente forcée immobilière a déjà été ordonnée, son report relève du juge chargé de la saisie immobilière et répond à des conditions spécifiques ;
certaines créances pénales, indemnitaires, fiscales ou frauduleuses demeurent soumises à des règles particulières ;
une procédure distincte peut continuer lorsqu'elle n'entre pas dans le champ de la suspension légale.
La recevabilité ne suspend pas automatiquement l'expulsion du logement. La commission peut demander au juge des contentieux de la protection de suspendre la mesure, mais la suspension suppose une décision judiciaire et ne doit jamais être considérée comme acquise du seul fait du dépôt ou de la recevabilité du dossier.
Si une banque ou un autre créancier poursuit le recouvrement après la recevabilité, le premier réflexe consiste à identifier l'acte concerné, puis à vérifier s'il entre dans le champ de la suspension. Retrouvez également les démarches à examiner pour savoir que faire lorsque la banque vous poursuit.
Le recours contre la recevabilité suspend-il ses effets ?
Un créancier peut contester la décision de recevabilité dans le délai légal. Cette contestation n'a toutefois pas pour effet de suspendre immédiatement les conséquences attachées à la recevabilité : les protections continuent à s'appliquer jusqu'à ce que le juge statue.
Si le juge déclare finalement le dossier irrecevable, la procédure de surendettement prend fin et les créanciers peuvent reprendre les poursuites qui avaient été suspendues. La défense du débiteur doit donc répondre précisément aux arguments invoqués sans attendre l'audience.
Quelles dépenses et dettes peuvent encore être payées ?
Après la recevabilité, le débiteur doit continuer à payer les dépenses courantes et les dettes nées après la décision : loyer courant, énergie, assurances, télécommunications, impôts courants et dépenses nécessaires à la vie du foyer.
En revanche, il ne doit pas favoriser certains créanciers en remboursant librement les dettes antérieures à la recevabilité. Le Code de la consommation lui interdit notamment, sauf autorisation du juge lorsqu'elle est requise :
d'aggraver volontairement son insolvabilité ;
de régler les créances antérieures entrant dans le champ de la procédure ;
de rembourser les sommes payées à sa place par une caution ou un coobligé ;
de vendre, céder ou donner un élément important de son patrimoine en dehors des actes de gestion courante ;
de consentir une nouvelle sûreté ou une nouvelle garantie.
Les pensions alimentaires, prestations compensatoires et amendes continuent, en revanche, à obéir à leurs règles propres. Une exception particulière existe également pour certaines dettes locatives faisant déjà l'objet de délais et modalités de paiement accordés par le juge.
Il n'existe donc pas de consigne générale consistant à « ne plus rien payer ». Chaque paiement doit être apprécié selon sa date, sa nature et la décision qui le fonde, sous peine de déséquilibrer le dossier ou de méconnaître les obligations imposées au débiteur.

Quelles sont les conséquences de l'inscription au FICP ?
L'inscription au FICP ne constitue pas juridiquement une interdiction absolue de souscrire un crédit. Elle signale néanmoins aux établissements prêteurs l'existence d'une procédure ou de mesures de surendettement, ce qui rend en pratique l'obtention d'un nouveau financement particulièrement difficile.
Lorsque le dossier aboutit à un plan conventionnel ou à des mesures imposées, l'inscription est maintenue pendant leur durée d'exécution, dans la limite de sept ans. Lorsqu'un plan ou une mesure dure plus de cinq ans, une radiation anticipée intervient après cinq années d'exécution sans incident, sans pour autant mettre fin aux remboursements prévus jusqu'au terme du plan.
En cas de rétablissement personnel, avec ou sans liquidation judiciaire, l'inscription est maintenue pendant cinq ans.
Le droit au maintien d'un compte bancaire demeure applicable. La banque peut proposer des moyens de paiement adaptés à la situation financière du client, mais une personne inscrite au FICP ne perd pas le droit de disposer d'un compte et de bénéficier des services bancaires prévus par les textes.
Lorsque les difficultés proviennent d'un découvert durable ou de frais contestés, l'intervention d'un avocat en matière de solde débiteur de compte bancaire peut permettre de contrôler le décompte et les poursuites engagées.
Plan conventionnel, mesures imposées et rétablissement personnel
Une fois le dossier déclaré recevable, la commission évalue la capacité de remboursement du foyer, la nature du patrimoine et la possibilité de rétablir durablement la situation. L'orientation ne dépend donc pas seulement du montant total des dettes, mais de la possibilité concrète de construire une solution soutenable.
Dans quel cas un plan conventionnel est-il proposé ?
La recherche d'un plan conventionnel de redressement concerne principalement les dossiers dans lesquels le débiteur possède un bien immobilier et dispose d'une capacité de remboursement permettant d'envisager un accord avec les créanciers.
Le plan peut notamment prévoir :
un rééchelonnement des remboursements ;
une diminution des mensualités ;
une réduction du taux d'intérêt ;
un report temporaire de certaines échéances ;
une remise partielle acceptée par un créancier ;
la vente d'un bien ou la mobilisation d'un élément du patrimoine.
La négociation ne doit pas être réduite à la recherche d'une mensualité plus faible. Il faut également examiner les garanties prises par les créanciers, la valeur du patrimoine, le coût total du plan et les conséquences de son éventuelle inexécution.
La durée totale des mesures ne peut en principe excéder sept ans. Des exceptions existent notamment lorsque les mesures concernent le remboursement d'un prêt garanti par la résidence principale ou permettent d'éviter la vente de celle-ci.
Le plan engage le débiteur comme les créanciers qui l'ont accepté. En cas d'inexécution, les créanciers peuvent, après accomplissement des formalités applicables, retrouver la possibilité d'exercer leurs poursuites. Une dégradation durable de la situation peut justifier le dépôt d'un nouveau dossier, mais cette démarche doit être préparée et documentée.
Que peut imposer la commission en l'absence d'accord ?
Lorsque les conditions d'un plan conventionnel ne sont pas réunies ou qu'aucun accord n'a été obtenu, la commission peut élaborer des mesures qui s'imposeront au débiteur et aux créanciers, sous réserve de l'exercice d'une contestation dans le délai applicable.
Ces mesures peuvent notamment comprendre :
le rééchelonnement du paiement des dettes ;
l'imputation prioritaire des paiements sur le capital ;
la réduction du taux d'intérêt ;
la suspension de l'exigibilité de certaines créances pendant une durée maximale de deux ans ;
dans les conditions prévues par la loi, l'effacement partiel de certaines dettes.
Orientation | Situation principalement concernée | Effet principal |
|---|---|---|
Plan conventionnel | Capacité de remboursement et patrimoine immobilier | Accord négocié entre le débiteur et les créanciers |
Mesures imposées | Redressement possible sans accord conventionnel | Rééchelonnement, réduction, suspension ou effacement partiel |
Rétablissement personnel sans liquidation | Situation irrémédiablement compromise sans actif réalisable significatif | Effacement des dettes entrant dans le champ de la procédure |
Rétablissement personnel avec liquidation | Situation irrémédiablement compromise avec actifs réalisables | Liquidation des biens saisissables puis traitement du passif |
Les mesures imposées peuvent être contestées dans un délai de trente jours à compter de leur notification. Il est alors nécessaire d'expliquer précisément en quoi la capacité de remboursement, les charges, la valeur du patrimoine ou le traitement d'une créance ont été incorrectement appréciés.
Comment fonctionne le rétablissement personnel ?
Le rétablissement personnel est envisagé lorsque la situation du débiteur est irrémédiablement compromise, c'est-à-dire lorsqu'aucune mesure réaliste de redressement ne permet d'apurer le passif.
Deux procédures doivent être distinguées :
le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, lorsque le débiteur ne possède essentiellement que des biens nécessaires à la vie courante, des biens non professionnels indispensables à son activité ou des biens dépourvus de valeur marchande significative ;
le rétablissement personnel avec liquidation judiciaire, lorsqu'il existe des actifs réalisables, sous réserve de l'accord du débiteur et de l'intervention du juge des contentieux de la protection.
Le rétablissement personnel peut entraîner l'effacement des dettes professionnelles et non professionnelles arrêtées à la date prévue par la procédure, mais seulement lorsqu'elles entrent dans son champ et ne relèvent pas d'une exclusion légale.
Sauf accord du créancier, demeurent notamment exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement :
les dettes alimentaires ;
les réparations pécuniaires accordées aux victimes dans le cadre d'une condamnation pénale ;
certaines dettes issues de manœuvres frauduleuses commises au préjudice d'organismes de protection sociale ou de collectivités territoriales versant des prestations et aides sociales ;
certaines dettes fiscales assorties de majorations légalement non rémissibles ou résultant de responsabilités fiscales particulières.
Les amendes prononcées dans le cadre d'une condamnation pénale sont également exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement.
Il est donc excessif de présenter le rétablissement personnel comme un effacement automatique et intégral de toutes les sommes dues. La nature, l'origine et le fondement de chaque créance doivent être vérifiés avant de déterminer les effets réels de la décision.

Lorsqu'un prêt immobilier est impayé et que la banque exerce un recours, le dépôt d'un dossier de surendettement doit être coordonné avec la déchéance du terme, les garanties du prêteur et, le cas échéant, la procédure de saisie immobilière.
Recours, vérification des créances et contrôle du juge
La procédure devant la commission de surendettement reste soumise au contrôle du juge des contentieux de la protection. Plusieurs décisions peuvent être contestées, mais chaque recours possède son propre délai, son propre objet et ses propres exigences de motivation.
Comment contester l'état détaillé des dettes ?
Après la recevabilité, la commission établit un état détaillé du passif à partir des déclarations des créanciers. Le débiteur doit vérifier attentivement le capital restant dû, les intérêts, les frais, les paiements déjà effectués, l'identité du créancier et les éventuelles cessions de créance.
La demande de vérification doit être présentée dans un délai de vingt jours à compter de la notification de l'état détaillé. Elle doit identifier les créances contestées, les montants discutés et les moyens invoqués, en joignant les documents permettant au juge de comprendre la contestation.
À l'expiration de ce délai, le débiteur ne peut plus demander cette vérification dans les mêmes conditions. La réception de l'état détaillé ne doit donc jamais être traitée comme un simple courrier informatif.
Le juge peut vérifier, pour les besoins de la procédure de surendettement, l'existence, la validité et le montant de la créance. Cette décision ne doit toutefois pas être présentée comme réglant nécessairement l'intégralité des rapports juridiques entre les parties en dehors du traitement du surendettement.
La vérification peut notamment révéler :
des intérêts ou frais injustifiés ;
un paiement non déduit du décompte ;
une créance prescrite ou forclose ;
une déchéance du terme irrégulière ;
une erreur sur l'identité du débiteur ;
une difficulté relative à l'étendue d'un engagement de caution.
L'examen par un avocat en litige bancaire permet de confronter la déclaration du créancier aux contrats, aux historiques de paiement et aux actes de procédure.
Comment contester la recevabilité ou l'irrecevabilité ?
La décision de la commission peut être contestée dans un délai de quinze jours suivant sa notification. Le recours est adressé au secrétariat de la commission, puis examiné par le juge des contentieux de la protection territorialement compétent.
Lorsqu'un créancier conteste la recevabilité, il invoque fréquemment l'absence de bonne foi, la dissimulation d'un élément de patrimoine, l'inéligibilité du débiteur ou l'absence d'une véritable situation de surendettement.
La défense doit répondre précisément à chaque élément produit et expliquer l'évolution de l'endettement à partir de documents vérifiables : relevés de compte, justificatifs de ressources, échéanciers, événements familiaux ou professionnels et chronologie des crédits souscrits.

Si le juge déclare finalement le dossier irrecevable, le débiteur perd la protection attachée à la procédure et les créanciers peuvent reprendre les poursuites qui avaient été suspendues.
Comment contester les mesures imposées ?
Le recours contre les mesures imposées doit être exercé dans les trente jours de leur notification. Il ne suffit pas d'affirmer que la mensualité retenue est trop élevée : il faut démontrer, pièces à l'appui, que les revenus, les charges nécessaires, la composition du foyer, la valeur du patrimoine ou le montant d'une créance ont été incorrectement appréciés.
Le juge statue au regard de la situation constatée au moment où il examine le dossier. Une baisse récente des revenus, une dépense de santé durable, une naissance, une séparation ou un changement de logement doivent donc être documentés et chiffrés.
Surendettement et saisie immobilière : quelle articulation ?
La recevabilité ne permet pas toujours d'interrompre automatiquement une vente immobilière déjà ordonnée. Lorsque la vente forcée a été ordonnée et qu'une date d'adjudication est fixée, son report relève du juge chargé de la saisie immobilière et suppose une demande portée dans les conditions prévues par la loi, notamment pour des causes graves et dûment justifiées.
Dans ce contexte, les délais sont particulièrement contraints. Il faut coordonner :
le dossier déposé auprès de la Banque de France ;
les audiences devant le juge de l'exécution ;
les contestations éventuelles du commandement de payer valant saisie ;
la vérification du titre exécutoire et du décompte bancaire ;
la stratégie relative à la conservation du bien ou à sa vente amiable.
Les règles de représentation applicables au contentieux autonome de l'exécution ou à la saisie immobilière ne se confondent pas avec celles de la procédure de surendettement devant le juge des contentieux de la protection. Elles doivent être contrôlées séparément selon la procédure effectivement engagée.
Que vérifier avant de déposer un dossier ou d'exercer un recours ?
Avant de déposer un dossier de surendettement ou de contester une décision, il convient de vérifier :
la date exacte de chaque notification reçue ;
l'existence d'une saisie, d'une assignation ou d'une vente déjà programmée ;
le montant réellement dû à chaque créancier ;
la nature personnelle ou professionnelle des dettes ;
le statut du débiteur lorsqu'il exerce ou a exercé une activité indépendante ;
la liste exhaustive des revenus, charges et biens du foyer ;
les créances susceptibles d'être exclues d'un effacement ;
les pièces permettant d'expliquer l'origine de l'endettement et d'établir la bonne foi ;
les conséquences d'une contestation sur les autres contentieux en cours.
La procédure de surendettement peut offrir une protection importante, mais son efficacité dépend de la qualité du dossier, de la régularité des démarches et de la coordination avec les poursuites déjà engagées. Maître Lenny Ambigaipalan, avocat au Barreau de Paris, intervient pour analyser les créances, préparer les contestations et défendre les intérêts du débiteur devant le juge lorsque la situation l'exige.
Les informations présentées sur cette page sont générales. La solution applicable dépend de la nature des dettes, des actes reçus, du statut du débiteur et de l'état d'avancement de chaque procédure.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
- 01Code de la consommation – Livre VII relatif au traitement des situations de surendettementlegifrance.gouv.fr
- 02Banque de France – Détail de la procédure de surendettementbanque-france.fr
- 03Banque de France – Typologie du surendettement des ménages 2025banque-france.fr
- 04Cour de cassation – Bonne foi du débiteur et charge de la preuve en matière de surendettementlegifrance.gouv.fr



